Printemps 2007
20 joueurs environs
- COUTANSAIS Cyrille
Mail :
- LEMARIE Julien
Tel : 06 08 77 24 53
Mail :
A première vue, rien ne destinait la bande de jeunes fonctionnaires que nous sommes, pour la plupart d''entre nous, à prendre part en tant qu''équipe au fameux championnat orchestré par le collectif "Remise en Jeu".
Après tout, nous ne sommes pas des personnes en situation de fragilité. Ni précaires, ni sans domicile fixe, ni demandeurs d''asile. Comparés à la majorité des autres joueurs du championnat, nous sommes à de nombreux points de vue des privilégiés, et cela fait de nous une équipe atypique. Atypique certes, mais sommes-nous différents fondamentalement et sommes-nous dignes de participer au championnat?
A la deuxième question, une seule réponse décente: nous nous efforçons de l''être. Et à la première question, je dirais au fond que nous ne sommes pas si différents. Démonstration.
Qu''est-ce qui nous pousse, nous FS, à participer au championnat? Quelle est la cause primordiale? Est-ce un engagement militant en faveur des personnes en situation de fragilité? Je ne crois pas, en tout cas cela ne vient que par la suite. Si nous étions des militants, nous serions du côté des associatifs. Nous nous dépenserions, comme eux, sans compter pour ces équipes issues des centres d''hébergement et des foyers. Or, nous ne le faisons pas, nous sommes du côté des joueurs, indubitablement. Pourquoi? Parce que la cause primordiale qui nous pousse à jouer, c''est le plaisir. Et le plaisir, il est sur la pelouse, indubitablement là aussi. Notre fibre associative, aussi forte puisse telle être chez certains d''entre nous, ne peut cacher cette vérité essentielle: c''est le plaisir qui nous réunit un samedi par mois pour taper le cuir. Et en cela nous ressemblons à toutes les équipes. C''est la plaisir de jouer tout simplement, le plaisir d''endurer ensemble les assauts adverses et de résister, et le plaisir naturellement de retrouver les copains. C''est aussi celui de rencontrer de rudes adversaires qui deviendront, au fil des ans des équipes connues et amies, qu''on aura plaisir à retrouver. C''est enfin le plaisir sans manière et sans pareil de partager un verre et quelques conversations avec les vainqueurs du jour (nous gagnons rarement…) après avoir guerroyé avec âpreté pendant quatre-vingt-dix minutes.
Ce plaisir de jouer, qui je le crois anime aussi les autres équipes du championnat, ne serait pas complet s''il ne venait s''y greffer un puissant facteur de jouissance, l''imaginaire. Car en football comme en amour, le plaisir de ce qui est, n''égal pas l''immense jouissance de ce qui pourrait être. Et l''imaginaire des FS est semblable à celui des autres équipes. Il est fait de belles contre-attaques, de passes millimétrées, de buts spectaculaires. Cette équipe comme les autres rêve de matchs épiques, de victoires à l''arrachée et d''exploits dont on se souviendra pour les années à venir. C''est bien parce que le football est une formidable machine à produire de l''imaginaire qu''il nous ravit tant, et sous chaque joueur à crampon, fonctionnaire ou sans domicile fixe, sommeille un doux rêveur.
Il semble finalement que nous sommes égaux devant le plaisir de jouer ensemble et rêvons pareillement de beau jeu. Atypiques mais pas différents. La seule véritable particularité de l''équipe des Fonctionnaires Solidaires, c''est qu''elle joue plus mal que les autres. Voilà tout.
Issue de l’Institut Régional d’Administration de Nantes, l’équipe des Fonctionnaires Solidaires (FS) réunit désormais des cadres de différents Ministères dans une volonté d’engagement social, de beau jeu et de plaisir.
Joël Angamouttou : Joueur multicartes, au-dessus du lot quelque soit son poste, on se demande ce qu’il fait dans cette équipe.
Mickaël Benhaïm : Talentueux, risque de passer plus de temps dans les layettes que dans les dribles.
Benoît Binot : Notre Pascal Chimonda.
Marie Caumont : Elle vient du Sud et aurait pu en tirer son surnom d’Arlésienne : intermittente du football, il semble qu’elle ait enfin trouvé de quoi se chausser voire même de jouer.
Guillaume Chaffardon : son passé de rugbyman le pousse à tirer des drop ou des pénalités quand un coup franc ou un tir cadré serait plus judicieux.
Nathalie Gourtay : Grande bétonneuse dans son métier, on ne peut pas dire qu’elle applique cette conduite dans son jeu.
Julien Grégoire : Formé à Bastia, il en a gardé la rudesse, le physique un peu moins.
Antoine Gourbeyre : Pénalisé par son bon cœur, il passe plus de temps à tenter de sauver une équipe de Basket normande de la relégation qu’à apporter son talent au football.
Jean-Baptiste Hervouët : Rigoureux dans ses activités budgétaires, il est plus « poète » dans ses prestations.
La « Hubert Team » : Chez les Hubert le foot se pratique en famille. Deux générations sont présentes, on attend la troisième.
Sofiane Kaddour-Bey : Ne peut jouer qu’aux beaux jours et à jeun : son talent réel ne s’est manifesté qu’un demi-match.
Philippe Laroque : Intermittent du football.
Julien Lemarié : Tout à sa quête du titre de meilleur goleador de l’équipe, il s’épuise en courses parfois vaines.
François Martin : Notre Cyril Rool, la technique en plus.
Zaki Nidhar : Du coffre, pourrait imposer d’avantage son physique.
Florence Noire : Eric di Mecco en jupon, elle en a le catogan et de plus en plus l’agressivité.
Robert Novotny : Passant plus de temps à s’échauffer qu’à jouer, ses rares prestations sont remarquées.
Michel Palos-Pinto : Les charmes normands l’emportent souvent sur l’amour du football.
Pierre-Charles Pautrat : ultime rempart des FS, ses prises de balle très sûres ne compensent pas toujours sa défense passoire et son jeu au pied déficient.
Cyrille P. Coutansais : Président, manager, coach, joueur des FS, ses multiples casquettes peinent à masquer ses prestations souffreteuses.
Guillaume Pouliquen : Le breton volant. Il gambade dans son couloir et pense, parfois, à centrer.
Emilio Piriz : Transfuge des Urugayos, il en a conservé le maté.
Olivier Rebours : Inventeur de la « touche à la Rebours », esthète du jeu, il recherche le geste pouvant le plus déstabiliser l’adversaire.
Smaïn Seddiki : Bonne touche technique mais d’une santé fragile : un rhume le met par terre.